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Le bizutage étudiant, toujours d’actualité?

Article rédigé le 05/01/2019 par | Vie étudiante

Un travail d’encadrement

A chaque rentrée scolaire, le bizutage étudiant est au cœur des débats. Certains considèrent cette pratique amusante et intégratrice, d’autres la rejettent catégoriquement arguant qu’elle est dégradante et inutile.

A l’heure actuelle, afin d’éviter que l'intégration vire au bizutage, de nombreux établissements d'enseignement supérieur essayent de contrôler les pratiques. En parallèle, des associations travaillent sur la notion de consentement des différents partis. Il est important pour ces dernières de respecter la volonté de chacun à participer ou non.

D’autre part, les établissements d'enseignement supérieur tentent par conséquent de travailler en collaboration avec les BDE (bureaux des étudiants) sur les semaines d'intégration. Le mot intégration est par ailleurs privilégié à bizutage, qui est interdit par la loi. L’intégration se fait donc en étroit partenariat avec les écoles, prêtes pour certaines à porter plainte si des écarts sont constatés.

Fondé en 1997, Le Comité National Contre le Bizutage (CNCB) est extrêment vigilant. Gérant une vingtaine de cas de « débordements » par an, le comité déclare être particulièrement sollicité par les parents et non par les enfants, qui ont pour la plupart peur de parler.

Son rôle principal est d’écouter, enregistrer les témoignages les plus précis possibles et tranquilliser les personnes affectées par ce genre de pratique.

Des dérapages persistent

Lors de cette rentrée 2018, un bizutage à grande échelle a eu lieu à l’IFSI (Institut de formation aux métiers de la santé) de Toulouse.

Près de 250 étudiants ont subi collectivement un bizutage le mercredi 5 septembre alors qu'ils étaient en plein cours. Quelques étudiants ont fait irruption dans la salle de cours et les ont attachés deux par deux avec du scotch. Les étudiants de première année ont été conduits dans un parc pour subir un certain nombre d’actes de bizutages tels que des jets  d’eau, de farine, d’œufs, d’huile, de vinaigre, de soupe de poisson, de pâtée pour chat, de mousse à raser, de bétadine, etc.

Des étudiants encore mineurs ainsi que des étudiantes ont très mal vécu cette situation. Certains ont été obligés de chanter des chansons humiliantes et dégradantes. Quelques étudiants ont également évoqué un sentiment de domination des meneurs du bizutage sur les nouveaux-venus.

Suite à cet événement, les syndicats étudiants ont demandé à la direction de l’hôpital de mener une enquête. Les responsables peuvent encourir des mesures disciplinaires.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a par ailleurs fait part de son indignation devant de tels actes. Elle a annoncé publiquement son soutien au CHU de Toulouse afin de mener une enquête interne.

Certaines voix s’élèveraient sur le facteur alcool, qui transformerait l’intégration en bizutage. Dans les établissements d’enseignement supérieur, il est bien entendu interdit. Cependant, à l’extérieur, il n’est pas possible de contrôler son usage. Seule la prévention permet d’avoir une influence un tant soit peu efficace sur sa consommation.

Par exemple, en mars 2018, une association féministe «Les Sans-Culottes» a été fondée à l’IEP (Institut des études politiques) en réponse aux agressions subies l’année antérieure. Afin de faire un travail de prévention efficace, les membres de cette association ont affiché un peu partout dans l’établissement des slogans «Sans oui c'est non !».

Le SIUMPPS (Service InterUniversitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé) a également pour mission d’informer les étudiants sur les risques du bizutage. En l’espace de deux mois, ils ont réalisé treize actions «No limit» dans les écoles d’enseignement supérieur de la région. Chaque année, leur succès grandit avec de plus en plus d’établissements qui leur demandent d’intervenir en leur sein.

Si les affaires de bizutage sont considérées graves, elles peuvent être portées au tribunal. De telles accusations peuvent entrainer une peine de six mois d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende. Toutefois, ce genre de condamnation reste très rare car les procédures sont longues et les instances pénales rechignent quelques années plus tard à embêter les responsables, souvent intégrées dans la vie professionnelle. Les associations de lutte contre le bizutage préfèrent que les établissements prennent eux-mêmes des sanctions.

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