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La galère des étudiants à mobilité réduite pour trouver un logement étudiant

Article rédigé le 01/05/2018 par Léa Collin | Vie étudiante

Un constat difficile

La recherche d’un logement étudiant s’avère la plupart du temps assez difficile. Le manque de logements, les contraintes de budget, etc. transforment cette recherche en véritable « parcours du combattant ». Cependant, cela ne constitue pas une tâche insurmontable contrairement au cas des étudiants handicapés, qui doivent trouver des logements adaptés à leurs besoins, ainsi qu’exister aux yeux des universités, des écoles supérieures, etc.

Par le passé, les difficultés rencontrées par les étudiants handicapées étaient incommensurables : refus des universités, pas de logements adaptés à leurs conditions, etc. Les étudiants handicapés ont donc pendant longtemps constituées des « ombres » très peu nombreuses dans le système éducatif français. Heureusement, depuis les années 2000, une prise de conscience des pouvoirs publics a permis une reconsidération de ces préjugés et également de l’existence de cette catégorie d’étudiants. Une volonté de changement a par conséquent commencé à émerger. A l’heure actuelle, on considère que la population étudiante handicapée représente environ 23500 personnes, réparties entre les universités, les grandes écoles, etc. Cela représente encore un faible pourcentage de la population étudiante nationale, malgré une progression vertigineuse ces dernières années.

En 2005, la loi sur « L’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées» a réglementé le statut des étudiants handicapés. Toutes les résidences universitaires comprenant l’espace suffisant pour installer un ascenseur devaient être rénovées et aménagées afin de donner les meilleures conditions de vie aux étudiants handicapés. Les parties communes ainsi que la salle de bain devaient également être modifiées afin d’accueillir au mieux les étudiants handicapés. Outre cette rénovation générale, les universités et les grandes écoles ont signé des chartes en 2007 afin d’attirer chaque année 1000 étudiants handicapés de plus dans l’enseignement supérieur. Le but étant de favoriser l’insertion professionnelle de ces derniers. Suite à ces promesses encourageantes, le constat actuel reste peu reluisant.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Des progrès ont été enregistrés mais l’on est cependant encore très loin des objectifs initiaux. Par exemple, mettre toutes les résidences universitaires aux normes en vigueur est la plupart du temps une tâche très ardue pour les promoteurs, qui ne veulent diminuer la qualité de vie de leurs résidences. De nombreux problèmes d’espace et de conception de leurs résidences sont parfois difficiles à surmonter. Toutefois, au niveau légale, le statut d’étudiant handicapé a enfin été reconnu. Il donne la priorité pour obtenir un logement auprès des CROUS (Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), en compagnie des étudiants boursiers. Les CROUS ont pu aménager la plupart de leurs logements ainsi que mettre à la disposition des étudiants handicapés un personnel compétent, qui peut les aider dans leurs tâches quotidiennes.

Cependant, dans la réalité, trouver un logement étudiant en étant handicapé peut continuer à être très compliqué. Les CROUS ainsi que chaque Maison Départementale des Personnes Handicapés (MDPH) possèdent chacun leurs propres règles. Certaines personnes handicapées se voient refuser un logement pour des raisons d’assurance, d’inadaptation à l’étudiant, etc. Les réponses sont parfois absurdes, voire insolites. Les étudiants handicapés doivent s’armer de patience et lutter plus que tout autre afin d’obtenir un logement adapté à ses besoins. Sur le plan humain, il se présente un autre problème très difficile à résoudre. En effet, les étudiants handicapés sont souvent accompagnés d’auxiliaires de vie pour les assister dans leurs tâches quotidiennes. Les CROUS argumentent parfois qu’il n’y a pas de logements doubles adaptés, capables d’accueillir deux personnes.

En outre, au niveau financier, les résidences étudiantes privées ont des exigences exubérantes.  Selon les cas, ils demandent de présenter un garant justifiant de revenus mensuels de 4 ou 5 voire 9 fois le montant du loyer. Les étudiants handicapés possédant des parents aux faibles ou aux moyens revenus sont souvent écartés d’office par ce procédé. Un autre grand problème, beaucoup plus difficile à résoudre, est la grande variété d’étudiants handicapés. Ces derniers peuvent en effet présenter des besoins complètement différents. Les résidences universitaires récemment aménagées n’ont souvent pas la réponse à toutes les formes d’handicap. Un autre constat préoccupant à faire est la « non-rencontre » entre demande et offre de logements handicapés. Il y a en effet un grande déséquilibre entre la présence de logements adaptés pour les étudiants handicapés et leur occupation, qui n’est que de seulement 15% de leur capacité. Une des explications donnée à ce constat par les pouvoirs publics est la difficulté pour certaines personnes handicapées de vivre dans une grande ville telle que Paris. L’accessibilité des transports sont parmi l’une des principales raisons à ce refus des grandes villes.

De manière générale, le manque de logements adaptés, les obstacles rencontrés durant leurs études universitaires poussent parfois les étudiants handicapés à renoncer à leur projet professionnel. Ils se voient obligés de jeter l’éponge face à de telles péripéties. Et ce malgré depuis quelques années, une augmentation annuelle de 15% des effectifs des étudiants handicapés.

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