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Etudiants étrangers : la place de la France

Article rédigé le 26/06/2020 par | Vie étudiante

 

La France a longtemps occupé la troisième place mondiale en terme d’accueil des étudiants étrangers derrière les Etats Unis et la Grande Bretagne. En 2011, elle a été éjectée du podium par l’Australie. Puis en 2017, c’est l’Allemagne qui passe devant, reléguant notre pays à la cinquième place. Certes, l’avance germanique ne dépasserait même pas 500 élèves, mais cet argument n’est pas de nature à consoler l’enseignement français.

Le modèle allemand

La France n’est donc plus le premier pays non-anglophone au classement de l’accueil des étudiants étrangers. L’Allemagne récolte les fruits d’une politique d’accueil séduisante où elle a notamment renforcé le nombre de cours dispensés en Anglais, et augmenté en capacité des universités les plus importantes, ceci afin de leur donner un maximum de visibilité.

La France garde toutefois le leadership sur le pourcentage d’étrangers dans sa population d’étudiants, qui représente environ 13%, un chiffre supérieur à l’Allemagne, mais aussi aux Etats Unis ou la Russie.

Toutefois, nous observons bien une baisse aussi significative qu’ inquiétante. Les étudiants étrangers apportent aux écoles d’un pays un dynamisme indéniable autant sur le plan intellectuel qu'économique. Le nombre d’étudiants étrangers accueillis dans les établissements français a augmenté de 32% entre 2007 et 2017. Mais dans le même temps, à l'échelle de la planète, la mobilité des étudiants avait progressé de 71%.

On observe par ailleurs l'émergence de nombreux nouveaux pays dans la compétition : la Chine, la Russie et la Turquie notamment proposent une politique dynamique favorisant l'accueil des étudiants venus d’horizons divers.

La France à la traîne

La France est donc à la traîne, et ce n’est pas l’annonce par le gouvernement Philippe, en 2018, de la hausse des droits d'inscription pour les étudiants étrangers qui va inverser la tendance. Et ce même si le premier Ministre a annoncé, en même temps, vouloir augmenter de 500.000 unités le nombre d’étudiants étrangers accueillis en France d’ici 2027. Son raisonnement tient sur l’exemple de l’Allemagne, qui avait augmenté les frais d’inscriptions pour les étrangers, connu une baisse très brève avant de voir remonter les chiffres pour le résultat que l’on connaît aujourd’hui. Mais est-ce bien cette augmentation qui a apporté ces résultats ?

Au niveau des nations de provenance, on observe que la France reste l'eldorado des étudiants africains, et particulièrement des ressortissants de pays francophones. La moitié des étudiants étrangers viennent d’Afrique, un quart des autres pays européens, et le dernier quart du reste du monde. Le gouvernement avait pourtant annoncé qu’il souhaitait attirer les étudiants indiens, chinois, russes et sud-coréens, mais le nombre de cours dispensés en anglais semble faire défaut.

Une baisse est même observée depuis quelques années dans le nombre d’étudiants chinois, mais le nombre d’indiens serait en augmentation, ceci dans un nombre qui tournerait autour de 5.000 jeunes, autant dire un chiffre peu significatif. Même le filon africain commence à montrer des signes d’usure. Les étudiants du continent noir se rendent plus volontiers en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes, en Turquie et même en Malaisie, plutôt qu’en France.

Culture de l’accueil

Le programme Bienvenue en France mis en place par le ministère de l'Education nationale en novembre 2018 prévoit une campagne de promotion qui vantera à l’étranger les mérites de l'enseignement à la Française, ainsi que la création d’une “culture de l’accueil” (sic) dans les mentalités françaises. Ces effets d’annonce doivent toutefois être accompagnés d’actions concrètes comme l’augmentation de cours en langue anglaise et un effort fait sur l’accès au logement et les capacités d’accueil des établissements. Les mesures indispensables pour conquérir une place sur le podium.

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