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Etudiants en médecine : le numerus clausus » est supprimé.

Article rédigé le 12/11/2019 par | News

Une réforme nécessaire

La réforme du premier cycle des études en santé est un thème qui revient régulièrement quand on évoque l’enseignement supérieur. Promis par Emmanuel Macron, la suppression de la Première Année Commune aux Etudes de Santé (PACES) et du numerus clausus constitue une mesure clé de la loi de santé, votée à l’Assemblée nationale le 19 mars.

La volonté du gouvernement est de diversifier le profil des professionnels de santé. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, souhaite ouvrir les études de médecine à d’autres profils. Par exemple, un étudiant en philosophie ou en histoire aura la possibilité de rentrer en deuxième et en troisième année de médecine. Un examen et une étude des dossiers des candidats détermineront leur entrée dans le cursus médical.

La fin du numerus clausus répond selon l’Etat au besoin de mettre un terme à un processus de sélection, perçu comme intransigeant et inhumain. La ministre de la Santé n’hésite pas d’ailleurs à parler de « gâchis humain ».

La dureté de la sélection et une préparation épuisante et éreintante laissaient un goût amer à de nombreux candidats. Par exemple, en 2018, sur 60 000 candidats, seulement 8 200 ont réussi la première année.

Toutefois, l’entrée dans le cursus de médecine restera exigeante et très sélective. En effet, un certain nombre de décrets sont en préparation afin de définir le futur processus de sélection. Il déterminera le nombre d’étudiants autorisés à continuer leurs études dans le secteur de la santé.

Etudes de santé : quelles évolutions attendues ?

L’idée principale de ces décrets est de fixer une « fourchette modulable », s’adaptant aux capacités de formation de chaque université. Cette fourchette prendra également en compte les besoins en professionnels de santé dans les différents territoires. Les Agences Régionales de Santé (ARS) définissent ces besoins sur une échelle d’une dizaine d’années.

Cette tâche d’évaluation des besoins peut sembler ardue. Comment vont évoluer les métiers de la santé dans dix ou quinze ans ? Comment collaboreront-ils ensemble ? Ces questions font de cette estimation un véritable casse-tête.

L’autre objectif de ces arrêtés est de définir les modes d'entrée dans les études de santé. Cela se fera-t-il par une première année université générale en santé ou plutôt par une année de licence classique avec des options santé ?

Un aspect important de cette réforme sera son coût. Si les licences classiques abritent des enseignements en santé, cela générera des dépenses pour les universités. Le nombre d’étudiants, les évolutions pédagogiques, le nombre de stages, etc. sont d’autres paramètres qui augmenteront les coûts pour les facultés.

Lors de cette rentrée 2019, les Epreuves Classantes Nationales (ECN), qui avaient pour but de règlementer les affectations en internat, ont définitivement disparu. Un examen des connaissances les a remplacées à l’issue de la cinquième année d’études.

Comme le concours Paces, les ECN avaient de nombreux détracteurs. Elles étaient craintes et redoutées par l’ensemble des candidats. Le cursus de formation du 2e cycle de médecine verra également des modifications afin de mieux correspondre au projet professionnel des étudiants.

La suppression du numerus clausus entrainera peut-être l’arrêt du flux d’étudiants français vers d’autres pays européens. En effet, bon nombre d’entre eux se rendaient, entre autres au Portugal, afin d’étudier la médecine. Cette « délocalisation géographique » leur permettait ainsi de contourner les contraintes du numerus clausus.

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