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Des mesures pour lutter contre la souffrance des étudiants en santé

Article rédigé le 16/08/2018 par Anais Tanay | Vie étudiante

Choisir des études de médecine ou d’infirmerie est la plupart du temps vu comme une vocation. Donner de son temps aux autres et faire face à des situations difficiles (maladies, blessés graves, etc.) rendent ces professions difficiles mais à la fois si gratifiantes.

Les étudiants choisissant de devenir médecin savent qu’ils doivent étudier beaucoup et être prêt à faire de nombreux sacrifices concernant cette profession très chronophage.

Cependant, l’évolution de la société entrainerait une recherche de rentabilité chaque fois plus importante pour le système de santé. Ce qui provoquerait une diminution du nombre de personnes encadrant les stagiaires, qui eux seraient de plus en plus nombreux, ainsi qu’une disparition du sentiment collectif des équipes médicales. Cette situation devenue difficile a demandé récemment l’action du gouvernement à travers le Ministère de la Santé et de l’Enseignement supérieur.

Des mesures contre la souffrance des étudiants en santé

Faisant réponse à de nombreux signes d’alarme (14% des étudiants en médecine auraient déjà eu des idées suicidaires), les ministres de la Santé, Agnès Buzyn, et de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, ont rendu publique 15 mesures le 4 avril dernier permettant de lutter contre le mal être et la souffrance des étudiants en santé.

Ce mal être est également présent chez les étudiants en infirmerie. Une enquête de la  FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers) laissait entendre que 34% des 14.000 étudiants en infirmerie avaient des crises d’angoisse et 20% consommaient des anxiolytiques.

Ces mesures désirées par les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur sont la conséquence d’un rapport sur l’identification des risques auxquels les étudiants de santé sont confrontés ainsi que des possibles solutions pour améliorer leur situation tout au long de leur formation. Selon ce rapport, il y a urgence afin de donner des meilleures conditions d’études et de stages aux futurs professionnels de la santé.

Une remise en cause des conditions de travail des internes

Parmi les quinze mesures annoncées, il y a l’évaluation systématique des lieux de stage par les étudiants afin de savoir si ces lieux sont réellement adaptés à recevoir des étudiants stagiaires de santé. Le gouvernement pourrait même aller jusqu’au réexamen des conventions si les notes émises par les étudiants s’avèrent mauvaises. En effet, des mauvaises conditions de travail ainsi que des abus de maltraitance psychologique ont déjà été notés ces dernières années. Les internes ont de plus en plus de travail et se retrouvent souvent isolés au sein de leur institution.

Une autre mesure concerne le temps de travail hebdomadaire qui devient très souvent trop important quand l’étudiant en médecine devient interne. Les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur préconisent une durée de travail hebdomadaire maximale de 48 heures. Le repos est ainsi valorisé afin de préserver la santé des étudiants. Elle constitue une mesure très importante afin d’éviter les abus commis par les organismes hospitaliers ces dernières années.

Une réforme des cursus et un accompagnement psychologique

Outre les stages durant les études de santé, il est envisagé de repenser les cursus afin de sortir de la « logique de compétition » présente dans ces études universitaires. Les « ECN » (épreuves classantes nationales), qui déterminent la spécialité des internes, seraient voués à disparaitre pour prendre une nouvelle forme. En cas de « situation exceptionnelle », une cellule pourra assurer un changement de filière pour les étudiants.

Concernant le bien-être psychologique des futurs professionnels de la santé, un module transversal devrait être inséré dans tous les cursus de la santé en relation avec la gestion du stress et les risques psycho-sociaux. De plus, chaque université sera équipée d’une structure d’accompagnement permettant de déceler les problèmes de stress, de dépression, etc. des étudiants de santé. Un avis psychiatrique pourra être fourni sur demande des étudiants.

Au-delà de ces structures, des organismes régionaux, en lien avec les associations étudiants, seront crées afin de s’occuper des problèmes non résolus, spécialement ceux concernant les étudiants internes.

L’évolution de la société ainsi que l’augmentation des étudiants de santé entrainent une baisse de la qualité de vie des étudiants, et en particulier des internes, souffrant de plus en plus de situations de stress, de détresse psychologique, etc.

 

Par ces mesures, le gouvernement souhaite améliorer les conditions de vie et d’exercice des futurs professionnels de la santé. Avec à plus long terme, une volonté de préserver le système de santé français afin d’éviter une recherche de rentabilité à toute épreuve, incompatible avec un secteur comme la santé.

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